Le taureau de Camargue

La présence des bovidés en Camargue remonte à la plus haute antiquité. Caractérisé par sa petite taille, sa robe noire et ses cornes en forme de lyre, le taureau camarguais est élevé en semi-liberté dans les marécages du delta. Il fait partie intégrante du folklore et des festivités camarguaises. Son physique particulier et sa combativité conviennent mieux à la course camarguaise qu’au travail ou à la production de viande. Il entre dans l’arène à l’âge de 3 ou 4 ans et peut terminer sa carrière vers 15 ou 16 ans.

La Ferrade

Après que les anoubles (jeunes taureaux âgés d’un an) ont été séparés du troupeau et conduit au galop vers le lieu du marquage, un gardian, d’un coup de trident sur la hanche, fait tomber l’animal qui est alors bloqué par les invités. On applique sur la cuisse gauche de l’animal la marque (signe de reconnaissance) de la manade à l’aide d’un fer rouge et on pratique l’escoussure (entaille de reconnaissance à l’oreille). L’escoussure permettra de retrouver les bêtes d’un troupeau qui se mélangeraient à un autre. C’est l’occasion d’une grande fête aux prés chez le manadier. Cette nécessité de marquer les bêtes pour les reconnaître, serait l’origine des jeux taurins.

La course à la cocarde...

…Ou course libre. Ce jeu taurin est apparu au milieu du 19e siècle. Reconnu comme sport par le ministère des sports, la course à la cocarde est un jeu sans mise à mort, l’animal ne subit pas de mauvais traitement. Au sein des arènes les raseteurs (jeunes hommes tout de blanc vêtus), doivent récupérer les 3 attributs accrochés : la cocarde entre les cornes du taureau, le gland à la base des cornes, les ficelles autour des cornes du taureau. Le taureau camarguais est très agile et peut surprendre les meilleurs raseteurs. La plus prestigieuse course est « Le Trophée des As ».

L'abrivado

Le terme abrivado vient de abriva signifiant accélérer, lancer, précipiter. À l’origine il s’agit de l’arrivée des taureaux depuis leur lieu de pâturages jusqu’aux arènes. Aujourd’hui, les bêtes sont transportées en camions (chars). Les taureaux sont lâchés d’un bout à l’autre de la rue du village, encadrés par le gardians à cheval. Les jeunes du village tentent de détourner les taureaux de leur but et essayent de les faire échapper, donnant la possibilité aux gardians de montrer leur adresse à cheval.

La bandido

Du provençal bandi : délivrer, lâcher. C’est l’inverse de l’abrivado et consiste à conduire les taureaux aux prés, en fin d’après-midi, après la course. Les taureaux peuvent être escortés un par un par les gardians, c’était le moyen le plus sûr de ramener les taureaux de la course vers la manade. Maintenant on lâche les taureaux d’un bout d’une rue à l’autre puis on les transporte vers leur pré en char. Les taureaux utilisés pour les courses camarguaises ne sont pas les mêmes que ceux qui évoluent dans les rues.

Encierro

Du castillan encerrar : enfermer. Divertissement taurin où des taureaux (ou des vachettes) emboulés (dont les cornes sont protégées par des boules de métal ou des fourreaux en cuir) sont lâchés dans un périmètre barricadé à travers les rues d’un village ou d’une ville. Ce spectacle n’implique pas de cavaliers : les villageois à pied excitent les taureaux et leur échappent en se réfugiant sur des ballots de paille ou derrière les barrières. Généralement, l’encierro a lieu dans l’après-midi ou en soirée pendant les fêtes de village ou en hiver le dimanche.

La croix de Camargue

C’est à la demande du marquis de Baroncelli que Paul Herman, à la fois peintre et sculpteur, a créé en 1924 la croix de Camargue. Elle associe symboliquement les gardians et les pêcheurs, les deux composantes du « peuple » des Saintes-Maries-de-la-Mer. La croix, posée sur une ancre et munie de tridents, exprime la foi commune aux deux corporations, la charité est représentée par le cœur central et l’espérance correspond aux trois extrémités de la croix qui se termine par des tridents.

Les Fêtes de villages

Elles sont de joyeux moments de festivités, des manifestations populaires qui se passent dans les rues des villages. La fête débute le matin par l’Abrivado. Les taureaux sont entourés par des gardians à cheval. Pendant le trajet, les jeunes du village tentent de faire échapper les taureaux. En fin d’après-midi, la Bandido se déroule de la même façon. Certains villages proposent des encierros : dans les rues barricadées des taureaux sont lâchés. Les jeunes du village descendent dans ces arènes improvisées afin de partager avec les bêtes des courses effrénées.

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la Fédération Française des Courses Camargaise www.ffcc.info (calendriers des courses, etc.).